| Image : montrer ou cacher ? |
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« La
folie ayant été mise hors la loi par les aliénistes,
du dix neuvième siècle au trois quart du vingtième,
les « fous » ont été conséquemment
mis hors citoyenneté. » J.L. Roelandt.
Il est donc aujourdhui temps de travailler à
leur réhabilitation en tant que citoyens, en agissant
sur le regard que la société porte sur la «
folie » et dont limage des lieux de soins est
un vecteur.
Pour servir les intérêts de la Santé Mentale,
les lieux de sa pratique doivent-ils être traités
de façon ostentatoire ou au contraire se fondre dans
leur environnement ?
Les faire disparaître visuellement en lui faisant revêtir
des habits qui ne sont pas les siens (logements, commerce,
bureaux), cest accepter intrinsèquement quelle
est au banc de la société, quelle y restera,
et que le pis-aller consiste à organiser le déni
de la « Folie », sur des fondements équivalent
à ceux qui ont conduit il y a deux siècles,
à la construction des asiles.
Afficher leur présence et permettre leur identification
par une architecture spécifique dont il reste encore
à définir la typologie pose deux problèmes
:
- la tentation dinventer un modèle darchitecture
psychiatrique qui figerait dans des résolutions entérinées
par avance et universelles, des problèmes dont deux
des caractéristiques principales sont leur spécificité
et leurs différences.
- risquer daccroître le phénomène
de rejet en désignant à la vindicte publique
la représentation physique de leur crainte, et en matérialisant
une différence dont les gens qui souffrent aimeraient
bien se débarrasser. |
La question est dimportance. Il est hasardeux de
vouloir y répondre de manière générale
et définitive. Autrement dit et avant de pouvoir
analyser quelques expériences, il convient daborder
la question au cas par cas, en privilégiant simultanément
lanalyse des spécificités des projets
et celle du contexte dans lequel ils vont devoir sinscrire.
On peut néanmoins tenter de définir des objectifs
selon deux points de vue : celui de lenvironnement
et celui de la destination du bâtiment.
Le projet doit intégrer à la fois les spécificités
de lactivité quil accueille et celle
de lenvironnement dans lequel il est implanté.
Cest donc de la prise en compte du contexte que viendra
le salut. Il devra satisfaire aux règles élémentaires
de confort, et bénéficier dune budgétisation
conforme aux normes en vigueur, ni plus, ni moins. On peut
ainsi espérer construire un bâtiment qui participe
à léquilibre environnemental et qui
répond aux aspirations de ses habitants. Lintensité
du sentiment dappartenance à un lieu et au-delà,
à une entité sociale, est proportionnelle
à la qualité architecturale quil propose.
Elle est un vecteur fondamental dacceptation de lindividu
par la collectivité. Cest par une réponse
architecturale de qualité, ni ostentatoire, ni timorée,
que la Santé Mentale peut assumer une domiciliation
urbaine positive.
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