Architecture et Santé Mentale - 2006 création Agence Internet Développeurs
Image : montrer ou cacher ?
« La folie ayant été mise hors la loi par les aliénistes, du dix neuvième siècle au trois quart du vingtième, les « fous » ont été conséquemment mis hors citoyenneté. » J.L. Roelandt.

Il est donc aujourd’hui temps de travailler à leur réhabilitation en tant que citoyens, en agissant sur le regard que la société porte sur la « folie » et dont l’image des lieux de soins est un vecteur.

Pour servir les intérêts de la Santé Mentale, les lieux de sa pratique doivent-ils être traités de façon ostentatoire ou au contraire se fondre dans leur environnement ?
Les faire disparaître visuellement en lui faisant revêtir des habits qui ne sont pas les siens (logements, commerce, bureaux), c’est accepter intrinsèquement qu’elle est au banc de la société, qu’elle y restera, et que le pis-aller consiste à organiser le déni de la « Folie », sur des fondements équivalent à ceux qui ont conduit il y a deux siècles, à la construction des asiles.
Afficher leur présence et permettre leur identification par une architecture spécifique dont il reste encore à définir la typologie pose deux problèmes :
- la tentation d’inventer un modèle d’architecture psychiatrique qui figerait dans des résolutions entérinées par avance et universelles, des problèmes dont deux des caractéristiques principales sont leur spécificité et leurs différences.
- risquer d’accroître le phénomène de rejet en désignant à la vindicte publique la représentation physique de leur crainte, et en matérialisant une différence dont les gens qui souffrent aimeraient bien se débarrasser.

La question est d’importance. Il est hasardeux de vouloir y répondre de manière générale et définitive. Autrement dit et avant de pouvoir analyser quelques expériences, il convient d’aborder la question au cas par cas, en privilégiant simultanément l’analyse des spécificités des projets et celle du contexte dans lequel ils vont devoir s’inscrire.
On peut néanmoins tenter de définir des objectifs selon deux points de vue : celui de l’environnement et celui de la destination du bâtiment.

Le projet doit intégrer à la fois les spécificités de l’activité qu’il accueille et celle de l’environnement dans lequel il est implanté. C’est donc de la prise en compte du contexte que viendra le salut. Il devra satisfaire aux règles élémentaires de confort, et bénéficier d’une budgétisation conforme aux normes en vigueur, ni plus, ni moins. On peut ainsi espérer construire un bâtiment qui participe à l’équilibre environnemental et qui répond aux aspirations de ses habitants. L’intensité du sentiment d’appartenance à un lieu et au-delà, à une entité sociale, est proportionnelle à la qualité architecturale qu’il propose. Elle est un vecteur fondamental d’acceptation de l’individu par la collectivité. C’est par une réponse architecturale de qualité, ni ostentatoire, ni timorée, que la Santé Mentale peut assumer une domiciliation urbaine positive.