Architecture et Santé Mentale - 2006 création Agence Internet Développeurs
Objectifs thérapeutiques et organisation de l'espace
Constater que les désorganisations psychiques se projettent dans l’espace habité, c’est admettre que l’architecture puisse compléter l’ensemble des outils thérapeutiques. La notion de "être au service de" signifie que l’enjeu n’est pas la production d’espace mais bien la nature des relations que les usagers entretiennent avec le lieu. Il appartient donc aux différents acteurs qui interviennent dans l’élaboration d’un projet de ne pas perdre de vue qu’ils travaillent pour des personnes.

Enjeux

L’homme est ainsi au centre des préoccupations. Celles des soignants, chargés de rétablir un contact avec ceux, qui, isolés, cherchent à revenir dans le monde, mais aussi avec ceux qui ont perdu tout espoir. Et celles des architectes, à qui l’on demande de mettre en espace le mode opératoire de la prise en charge institutionnelle organisée entre lieu de soin et lieu de vie.
Un lieu de vie qui produit des liens entre ses habitants et le monde est implicitement un lieu de soin. Il n’y a donc pas de différence fondamentale entre eux, du point de vue de leurs qualités architecturales intrinsèques et de leur rapport à l’environnement.

Spécificité

Si la psychiatrie est enfin parvenue à exister sur le même plan que les autres disciplines médicales, elle doit assumer ses spécificités architecturales, en s’affranchissant notamment de principes d’organisation cartésiens, rationnels et simplificateurs dont l’objet est de produire un outil adapté a un problème spécifique. Même si sa finalité est de guérir, la psychiatrie a ceci de plus que les autres disciplines qu’elle ne peut s’appuyer uniquement sur des processus techniques. La dimension humaine des rapports entre soignants et soignés dépassent le simple cadre de l’accompagnement du traitement que l’on est en droit d’attendre lors de tous séjour à l’hôpital, quelles qu’en soient les raisons. L’écoute et l’empathie des uns envers les autres font partie intégrante du soin. La spécificité de l’architecture psychiatrique réside dans cet espace qu’elle se doit de leur offrir, mais qui ne peut être identifié, quantifié et mis en relation avec les autres phases du processus de soin. Car il s’agit d’un espace diffus, distillé dans l’ensemble du projet. C’est un lien, un liant, un intervalle, un entre-deux, un entre-trois…Il n’est pas chargé d’une dimension productive. C’est le lieu des possibles…